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PRIX DON QUIJOTE. Chronique sur le 27 Festival International de Films de Fribourg. Mars 2013.

quijote fribourgUn rapport sur un festival du film laisse ce genre de choses, si elles apparaissent, pour la fin. Mais il n’est pas une mauvaise idée de dire ici qu’on s’en souvient d’une réunion de ce type, souvent sans tenir compte de la bonté ou de l’absence de la bonté des films vus, par les rencontres qu’elle facilite. La taille relativement petite du Festival de Fribourg offre une liaison familiale avec les cinéastes que le visitent, et ça c’est l’un de ses plus grands actives. Avoir le plaisir de parler en longueur avec Julia Murat sur ses exceptionnelles « Histórias que só existem quando lembradas”, avec Carlos Sorin, Haifa Al-Mansour, Pelin Esmer, Braden King, Oksana Mirzogan, Im Sang-soo et Alejandro Fadel, comme pourrait avoir été fait avec Wang Bing si  la barrière insurmontable de la langue ne l’avait pas évité, est quelque chose d’extraordinaire, qu’on oublie pas.

Mais avec qui s’obtient la relation maximale est, surement, avec les membres des autres jurés, et surtout, bien sûr, avec ceux du propre jury. Dans ce cas, ceux de la FICC, Nathalie Gregoletto et André Viane. Je dois dire que, outre l’inoubliable liaison humaine avec eux, j’ai été fortement choqué et ému par sa relation avec le cinéma. Nathalie collabore avec l’historique ciné-club de l’Université de Genève, où ils travaillent sur la base des cycles, avec une programmation et des publications de beaucoup d’intérêt. Elle révèle aussi une rigueur exceptionnelle dans l’analyse des films, que m’a laissé sans voix plus d’une fois. Pour sa part, André, polyglotte (il parle flamande -et, à partir de là, il fait  des incursions dans l’allemand-, portugais, espagnol, français et anglais), il fait suite à un projet de vie enviable. Dirige le centre culturel le plus important de la ville de Tavira, au sud du Portugal, son ciné-club, et, pas satisfait  d’avoir un programme hebdomadaire formidable, il a déjà fait douze éditions d’une Semaine du Film Européen (récemment complété avec la Semaine du Film Non-Européen), que des nombreux festivals voudraient pour eux-mêmes.

Avec ces deux personnes s’a donné le fait inhabituel que les délibérations du prix Quijote de la FICC et d’une mention spéciale ait pris le temps record d’un minute, en face de toute une matinée prévu pour cela, pendant le petit déjeuner à l’hôtel où nous nous logions. Je dois dire aussi que notre compénétration antérieure était presque complète, car seulement deux films en compétition n’ont pas suscité en nous une réponse –pour approuver ou dénigrer- uniforme. Les deux films que nous avons convenu de faire noter par dessus les autres si rapidement et avec cette unanimité, ont été «Three sisters» (Wang Bing, Chine, 2012), à le quel nous avons proclamé Prix Quijote du Festival de Fribourg en 2013, et « Watchtower » (Pelin Esmer, Turquie, 2012), à le quel nous avons donné une mention spéciale. Si ce n’était que, du a que je ne suive pas ces choses, je pourrai entrer dans des erreurs très gros, j’oserai dire que ici au Festival, à la Compétition Officiel, il a eu un match entre un champion de la Champion’s Ligue -Wang Bing avec ses «Three sisters»- et les équipes de la ligue local. Et non parce que le niveau moyen de cette ligue était de petite taille. «Three sisters», il est évident, joue à un autre niveau. Peut-être en réponse a ça, le film a également reçu le Prix international du jury et aussi le prix de deux autres jurés additionnels…

Ses presque trois heures de film montrent le suivi exhaustif du travail/jeux de trois filles – de 10, 6 et 4 ans- dans une communauté de les montagnes de l’intérieur de la Chine. Si José Luis Guerin a dépensé deux ans en vivant sur place pour capturer tout ce qui plus tard est apparu dans son “En construcción”, Wang Bing, comme il a expliqué à Fribourg, n’a été tournant dans la région que deux fois (4 à 6 jours), et son équipe pour encore une dizaine de jours additionnels pour, avec son matériel,  constituer les vingt dernières minutes du film ..

Problèmes linguistiques ont fait qu’il ne pouvait pas avoir avec Wang Bing, présent dans le Festival, la communication complémentaire pour clarifier autant que son film mérite. J’ai partagé avec lui le petit déjeuner d’hôtel le dernier jour, et j’ai épuisé toutes mes capacités gestuelles pour assurer une communication pas beaucoup au-delà de quelques sourires … (Bon : j’ai compris qu’il était en train d’aller à Pékin pour écrire le scénario de son prochain film, mais je ne pourrais assurer pas si c’était comme ça). Il y a des gents que n’aiment pas un documentaire comme celui-ci, qui, apparemment, présente toutes les choses en donnant l’impression d’avoir abandonné tout concept de mise en scène, mais il ne faut pas se laisser emporter par les apparences. Comme a déclaré Braden King, donnant à Wang Bing le «Regard d’Or» pour son film, c’est la simplicité dans le cinéma la chose la plus insaisissable… Dans la discussion après le film –dans ce cas avec une traductrice du mandarin-, Bing Wang a répondu avec une innocence apparente à des questions sur la façon dont il a laissé son empreinte comme auteur des prises de vue, dans un film où tout semble être une simple monstration des conditions de vie d’unes personnes. Les filles montent l’haut de la montagne pour rechercher des animaux, par exemple, et sur la bande son on entende la forte respiration du cameraman, puisqu’il ne peut pas retenir leur souffle. C’est une capture de son circonstancielle, mais il est également vrai qu’elle accentue la présence d’un metteur en scène derrière la caméra. Eh bien, il a juste dit qu’il n’y avait qu’une seule piste sonore et qu’ils n’avaient pas les moyens techniques pour éliminer la respiration. Mais, comment m’ont fait observer, il a laissé plus de preuves de la présence du metteur en scène, encore plus subtils que celle-là: Sur un plan à l’intérieur de la très simple maison où ils vivent (sans fenêtre ni cheminée), la table préparé pour le lunch, on y voie  un plat qui ne peut pas être pour d’autre que pour le metteur en scène, a qui ils ont ouvert toutes les portes pour observer et tourner la continuité de la vie de ces personnes.

La fille de douze ans, infatigable, se déplaçant d’un endroit à un autre, travaillant et faisant travailler a leurs petites sœurs, malgré le constipé qu’elle traîne tout au long du film, juste fait tomber amoureux d’elle. S’il y avait un prix pour les personnes qui apparaissent dans les films documentaires de cette nature, il devrait aller par toujours à ce village intérieur de la Chine …

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Déterminé le Don Quijote, aucune discussion non plus pour accorder donner une mention spécial à “Watchtower” (Pelin Esmer, Turquie, 2012), que raconte une histoire, depuis du même titre, en termes cinématographiques. Pelin Esmer fait partie d’une nouvelle génération de cinéastes turcs que, suivant ce que nous avons vu et ce qu’elle même nous a dit, devrait tenir ouverte la porte à la distribution de ses films dans le monde entier. Pour pouvoir montrer ses films (dans un pays ou, encore que le cinéma turque est encore le plus regardé, l’exhibition est monopolisé par les grandes multinationales, que ne montrent dans ses salles que un nombre limité de films), ils ont pris la gestion de plusieurs anciens théâtres historiques, leur évitant d’être démolis, et ils présentent, autant ils n’aient pas de la distribution, ses propres réalisations. Elle écoutait s’émerveillant quand je l’ai dit que, en Catalogne, des ciné-clubs ont fait de même, et constituent désormais la seule façon de voir des films dans de nombreuses villes. “Qu’est-ce que ce serait beau que quelqu’un s’en charge de faire le même en Turquie!” Dit-elle.

Son film à concours parle de deux personnes, poussées par des circonstances dramatiques, vivant chacun dans un isolement extrême. Nathalie, toujours attentive, m’ha fait noter que les deux se communiquent -très peu- avec les autres par l’intermédiaire d’un dispositif: Lui, garde forestier, habitant de la tour d’observation qui donne le titre au film, se communique par radio. Il voit la réalité depuis son extraordinaire tour/maison, au-dessus des montagnes, à travers leurs jumelles. A son tour, elle, hôtesse d’une ligne de bus qui circule à travers les montagnes, parle par un micro et sa voix arrive à ses passagers à travers les haut-parleurs. Si la Fédération internationale de Ciné-clubs atteint –comme plus ou moins confusément dit le texte du prix- la distribution des différents prix Quijote, elle pourrait faire le même avec toutes les mentions spéciales qui n’ont pas de la distribution commerciale. Ce film le mérite …

En dehors de ces deux films moi, personnellement, je trouve nécessaire souligner la valeur d’autres films aussi a concours, comme : “It’s a dream” (Mahmed Ghaffari, Iran 2012), que, s’il n’y avait pas comme base un dispositif dramatique, à mon avis, peu vraisemblable, pourrait être ajouté à la déjà longue liste des films iraniens qu’expliquent très bien la croisée des chemins ou se trouve maintenant la ville de Téhéran, et avec elle, toute la société iranienne, et peut-être occidental. “Penance” (Kiyoshi Kurosawa, Japon, 2012) a été montrée à une séance marathonienne que, malgré cela, a été passionnante, montrant jusqu’à ou il peut être addictive une série télé, parce que «Penance» consiste, en fait, en les quatre chapitres, avec un prologue et un épilogue, que a fait pour la télévision, avec tous les moyens du monde, un réalisateur, K. Kurosawa, qui est habituellement un exemple de directeur indépendant. Commence magistralement, comme le premier chapitre de “Twin Peaks”, avec un fait sanglante que marquera par vie la mère de la victime et ses quatre amies. Avec deux chapitres remarquables, jouant avec le public d’une façon très habile, le film a pour nous, d’ailleurs, l’avantage d’un portrait très évocateur de la vie dans le Japon rural et leurs subtiles différences sociales actuelles, tout en montrant que Kurosawa a digéré très bien l’héritage du grand film noir et fantastique, à commencer par le Lang de “M, le vampire de Düsseldorf». Le jury de la FIPRESCI, se démarquant étonnamment du reste des jurés, l’a décerné son prix.

Il était difficile concilier les fonctions de juré avec le fait de voir d’autres films dans d’autres sections du festival, qui est venu d’offrir plus d’une centaine … Quand même, j’ai pu voir ces joyaux:

“Yeguas y Cotorras” (Natalia Garagiola, Argentine, 2012) est un des films de la première session du concours de court métrages du Festival. Dans le film, trois amies se retrouvent dans une grande et élégante  maison avant le mariage de l’une d’entre elles. Des rires se produisent pendant la réunion, mais aussi de la violence et le sentiment de que hors de ce monde isolé il existe de la tension est transmise au spectateur. On reste admiré du niveau élevé de la nouvelle cinéaste argentine.

Dans le cycle des films des jurés, il y a eu l’occasion de voir à nouveau (il était le Prix Don Quichotte l’an dernier) celui que je ratifie que, pour moi, il est un des meilleurs films de les dernières temps, «Histórias que só existem quando lembradas » (Julia Murat, Brésil 2011). Non seulement il ne m’a pas déçue, sinon que dans cette seconde vision j’ai découvert au film beaucoup de choses que j’avais manqué la première vue. “Histórias …” raconte un fait –l’arrivée accidentelle d’une jeune photographe dans une population isolée d’une région du Brésil, où il fait de nombreuses années que rien ne se passe, même pas quelqu’un meurt-, a base de remarquer les différences subtiles apportées par cet fait à la monotone vie de la communauté. Il s’agit d’un véritable «tour de force» à l’égard de sa mise en scène. J’explique un de ces découvertes de la seconde vision, qui peut faire arriver à comprendre à quel point nous sommes en face d’un film extrêmement planifié dans les moindres détails: Julia Murat nous donne l’impression d’un lieu bloqué par la répétition. Elle montre les activités de quelques villageois deux jours avant l’arrivée de l’étrangère. Les visions sont répétées, mais le point de vue de la caméra change un peu. Donc, le premier jour nous apprécions qu’il y a un athée dans le groupe, parce que nous le voyons manger en arrière-plan, tandis que tout le monde est en train de bénir le déjeuner. Et bien, le deuxième jour, nous voyons le même rituel pour le repas, mais la caméra a bougé un peu, et cette personne est maintenant cachée. Mais ont sent le bruit de ses couverts quand nous voyons les prières du reste! La proximité que facilite le Festival m’a permis faire un long entretien avec Julia Murat, et je peux vous assurer que la planification était beaucoup plus millimétrée que ce que nous pouvons voir comme spectateurs. “Histórias …” est une belle allégorie sur la photographie et, par conséquent, sur le cinéma, qui est criant pour sortir dans nos salles…

J’ai des références que dans le cycle sur Ouzbékistan il y a eu films de grand intérêt, comme celui du membre du jury Kamalova Kamara (“Route sous le ciel, 2005 2005). Si je l’écris ici en dépit de ne pas l’avoir vu, c’est parce que je consigne que la recommandation est donnée par une personne que, une fois j’ai vu son film et après les conversations avec lui, il me mérite toute confiance. C’est Braden King, président du jury international, de qui on nous a montré son “Here” (USA, 2011), une road-movie à travers le territoire de l’Arménie, où les conflits et les peurs personnelles du couple protagoniste font l’écho avec le territoire de son parcours, toujours en tension par une guerre mal terminée. Il est un ingénieur cartographe, dont leur but est de placer sur une carte, avec leurs coordonnées, des photos satellite, et cette misse en place sur la carte des images est vraiment ce qui finit par être le film, ou, de temps en temps, Peter Coyote, avec sa voix grave, sur des images ad-hoc quoique un peu diffuses, il parle des explorateurs, des astronautes et des cartes … Un très beau film sorti de Sundance, dans lequel nous voyons que tout s’y est cassé: les photos, les cartes, l’ordinateur, la voiture, la famille, le pays, …

Une dernière référence à un programme vu … partiellement: Trois chapitres du mammouth (900 minutes) “The Story of Film: An Odyssey” (Mark Cousins, Royaume-Uni 2011). Une histoire du cinéma mondial, avec des enregistrements actuels franchement pleines d’images horribles, mais avec des interviews intéressantes et un trésor inestimable dans la forme de séquences de tous les temps.

En bref: Ça c’est ce que j’ai obtenu à partir de ce que j’ai pu voir. Je l’ai dit au début du texte. J’ai de bons souvenirs d’un festival qui a commencé avec des films qui ne me plaisaient pas trop … pour puis remonter. Mais non seulement des films vive le festivalier. En tant que membres du jury de la FICC nous avons été très bien traités. Lilo et Jeanne, et toute l’organisation administrative, nous ont guidés et ont réussi à résoudre le plus petit problème. Et je laisse écrit ici, pour donner encore plus envie, une série d’activités à lesquelles nous avons été invités: La Fête Nantoise (responsables du Festival des Trois Continents, à Nantes, portent chaque année d’huîtres et de vin blanc…) ; le magnifique  lunch offert aux jurys ; la neige (rare) à la fin de Mars ; la fête a l’Spiral, une discothèque  au quartier médiéval de Fribourg (une ville très spécial : chaque centaine de mètres en bas par sa rue principale suppose un recul de cent ans en arrière. Elle conserve des vielles sonnettes pour portes avec beaux reliefs, des images, des vielles gruyes pour annoncer tavernes, un pont en bois, un téléphérique de plus de cent ans, etc); des visites touristiques dans la ville ; cocktail à l’Espace Tinguely ; sortie à Gruyères et une bonne fondue de fromage le haut du sommet du Moléson, plus de 2000m d’altitude.

Je sais que ce sera difficile à répéter. Mais ce qui est pour moi, je serais heureux d’être élu comme jury permanent du Festival …

J. M. Garcia Ferrer

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This entry was posted on April 18, 2013 by in Uncategorized and tagged , , , , , , , .

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